18 décembre 2025 - Arrêté du Gouvernement wallon renouvelant la reconnaissance et portant reconnaissance de l'extension de la Réserve naturelle d'« Herbuchenne » à Dinant (M.B. 30.03.2026)

Le Gouvernement wallon,
Vu la loi du 12 juillet 1973 sur la Conservation de la Nature, les articles 6 à 24, 37, 41 et 43 ;
Vu l'arrêté du Gouvernement wallon du 2 mai 2024 relatif à la conservation de la nature dans les réserves naturelles et les cavités souterraines d'intérêt scientifique ;
Vu l'arrêté ministériel du 3 juin 1994 portant reconnaissance de la Réserve naturelle domaniale du « Vallon d'Herbuchenne » ;
Vu l'avis favorable du Pôle « Ruralité », Section Nature, remis le 20 mai 2025 ;
Vu l'avis favorable de la Province de Namur, remis le 24 avril 2025 ;
Vu l'avis réputé favorable de la commune de Dinant, vu l'absence de réponse dans le délai des 60 jours ;
Vu l'avis favorable de la Direction de Dinant du Département de la Nature et des Forêts, remis le 25 septembre 2025 ;
Vu l'avis favorable de la C.G.R.N. de Dinant, remis le 14 octobre 2025 ;
Vu l'avis favorable de Tourisme Wallonie, remis le 14 avril 2025 ;
Vu le résultat de l'enquête publique organisée sur le territoire de la commune de Dinant conformément aux dispositions du Code de l'environnement relatives à l'organisation des enquêtes publiques article D29-1 et suivants, du 28 avril 2025 au 28 mai 2025 ;
Vu l'évaluation d'impact de la reconnaissance de la réserve naturelle sur la contribution de la demande aux objectifs de conservation de la nature, et d'adaptation ou de contribution aux objectifs en matière de lutte contre les effets des changements climatiques, ainsi que sur le prix du foncier, l'activité économique, extractive, agricole ou sylvicole, et touristique ;
Vu le projet de décision envoyé par l'Inspecteur général du DNF à la Ministre ;
Considérant la loi du 29 juillet 1991 relative à la motivation formelle des actes administratifs ;
Considérant la demande de reconnaissance introduite par l'Inspecteur général du DNF pour le site d'« Herbuchenne », le 31 janvier 2025 ;
Considérant que la demande concerne la prolongation de la reconnaissance pour les parcelles reconnues antérieurement ; qu'il y a lieu d'uniformiser les échéances des reconnaissances des parcelles concernées ;
Considérant que le gestionnaire dispose d'un agrément conformément aux dispositions de l'arrêté du Gouvernement wallon du 2 mai 2024 relatif à la conservation de la nature dans les réserves naturelles et les cavités souterraines d'intérêt scientifique ; que partant, le gestionnaire a bien pour mission légale la conservation de la nature et la gestion des réserves naturelles ;
Considérant que le gestionnaire justifie d'un droit d'occuper le terrain pour une durée illimitée en sa qualité de propriétaire ;
Considérant que le site d'Herbuchenne est situé en rive droite de la vallée de la Meuse, au sud de Dinant, dans le Condroz, et qu'il s'insère dans un réseau écologique cohérent de pelouses calcaires connectées aux coteaux de la Meuse et de ses affluents, tels que les Rochers de Champalle, le Fonds de Leffe ou le Coteau de Wespin ;
Considérant que le site est majoritairement composé de pelouses calcaires xérophiles à mésophiles, dont plusieurs habitats d'intérêt communautaire, tels que les pelouses à espèces annuelles thermophiles, les pelouses à Festuca pallens et les pelouses calcaires mésophiles, hébergeant une flore remarquable incluant de nombreuses orchidées protégées et des plantes thermophiles rares ;
Considérant que la gestion différenciée du site, incluant pâturage extensif, fauche occasionnelle et contrôle des recrus ligneux, a permis de maintenir les habitats ouverts dans un bon état de conservation, malgré des menaces localisées d'enfrichement ;
Considérant que le site abrite une faune entomologique exceptionnellement diversifiée, incluant des espèces à affinités méridionales rares en Belgique, telles que le cercope sanguinolent, ainsi qu'une grande diversité de papillons, d'orthoptères et de fourmilières, témoignant de la valeur biologique élevée du site ;
Considérant que la valeur écologique et scientifique de l'aire concernée est reconnue ;
Considérant que, dans l'intérêt de la protection de la faune et de la flore sauvages ainsi que de la conservation des habitats naturels de la réserve, il y a lieu de mener des opérations d'aménagement et de gestion de la réserve plutôt que de laisser les phénomènes naturels évoluer de manière totalement libre :
Que ces opérations d'aménagement et de gestion qui visent à préserver ou favoriser certaines espèces sensibles peuvent impliquer vis-à-vis d'autres espèces non sensibles de devoir poser des actes qui sont a priori interdits par la loi du 12 juillet 1973 sur la conservation de la nature, alors même que ces actions sont favorables à la protection de la faune et de la flore sauvages ainsi qu'à la conservation des habitats naturels de la réserve et qu'ils ne nuisent pas au maintien dans un état de conservation favorable des milieux concernés ;
Qu'on peut citer à titre d'exemples, de manière non limitative, non seulement la création de mares, qui entraîne une modification du relief du sol, mais aussi la nécessité de lutter contre les espèces végétales indigènes compétitrices ou exotiques envahissantes, qui implique d'enlever des arbustes ou d'endommager le tapis végétal ; ou encore la nécessité de préserver des espèces animales ou végétales particulièrement sensibles de la prédation d'espèces plus communes, lesquelles doivent alors pouvoir être piégées ou chassées au moyen de méthodes adéquates ;
Considérant que les réserves naturelles accueillent des espèces pour lesquelles un suivi scientifique est nécessaire :
Que le suivi implique des actions en contradiction avec les mesures de protection applicables en réserve naturelle comme le prélèvement de morceaux ou d'individus de plantes ou le dérangement d'espèces animales, leur capture voire leur mise à mort ;
Que leur réalisation implique l'utilisation d'engins de capture ou d'appareillage scientifique divers ;
Que ces actions sont limitées et réalisées par des personnes conscientes de la fragilité des populations concernées ;
Qu'elles sont dès lors, sans danger pour ces espèces ;
Considérant qu'il apparaît dès lors opportun de déroger aux interdictions prévues par la loi du 12 juillet 1973 sur la conservation de la nature et celles prévues dans l'arrêté du Gouvernement wallon du 2 mai 2024 relatif à la conservation de la nature dans les réserves naturelles et les cavités souterraines d'intérêt scientifique ;
Qu'il n'est pas possible, a priori, d'envisager toutes les hypothèses dans lesquelles des dérogations pourraient être octroyées au gestionnaire agréé par l'autorité chargée de la surveillance de la réserve, car on ne peut connaître à l'avance comment la situation va évoluer ;
Qu'il apparaît dès lors opportun d'accorder une dérogation générale aux interdictions prévues par la Loi sur la Conservation de la Nature lorsque le gestionnaire de la réserve procède à des opérations d'aménagement et de gestion de celle-ci dans l'intérêt de la protection de la faune et de la flore sauvages ainsi que de la conservation des habitats naturels de cette réserve ;
Que le gestionnaire agréé est le garant du respect des dérogations accordées ;
Que ces dérogations n'emportent par ailleurs pas la suppression de ces interdictions pour les tiers qui fréquentent la réserve ;
Que ces dérogations sont légitimes et proportionnées ;
Considérant que si des remarques ont été formulées dans le cadre de l'enquête publique, elles ont été examinées avec attention et ont, le cas échéant, été intégrées dans le plan de gestion ou dans les modalités de reconnaissance de la réserve naturelle ;
Considérant qu'il y a lieu de permettre l'accès réglementé du public dans le but de le sensibiliser dans le cadre de visites guidées et au cadre de chantiers de gestion ou d'autres activités organisées dans la réserve avalisées par le gestionnaire ;
Considérant qu'il peut y avoir lieu d'interdire temporairement certains accès au public pour des motifs de sécurité publique, de protection d'espèces, de travaux de gestion ;
Sur la proposition de la Ministre de la Ruralité ;
Après délibération,
Arrête :


Article 1er. Sont reconnus en tant qu'extension de la Réserve naturelle d'« Herbuchenne », les 5 ha 62 a 53 ca de terrains appartenant à la Région wallonne, cadastrés ou l'ayant été comme suit :

Commune Références cadastrales (format CAPAKEY) Contenance (ha) Surface concernée (ha)
Dinant 91034D0354/00G000 6,1456 5,6253
   Total : 6,1456 5,6253

dont le Département de la Nature et des Forêts est gestionnaire et l'unique occupant.

L'extension porte sur une surface de 5 ha 62 a 53 ca.

Art. 2. Bénéficient d'une prolongation de la reconnaissance en tant que Réserve naturelle d'« Herbuchenne », les 4 ha 33 a 75 ca de terrains appartenant à la Région wallonne, cadastrés ou l'ayant été comme suit :

Commune Références cadastrales (format CAPAKEY) Contenance (ha) Surface concernée (ha)
Dinant 91034D0354/00F000 1,8205 1,8205
Dinant 91034D0355/00A000 1,5445 1,5445
Dinant 91034D0356/00A000 0,6777 0,6777
Dinant 91034D0358/00A000 0,2948 0,2948
   Total : 4,3375 4,3375

dont le Département de la Nature et des Forêts est gestionnaire et l'unique occupant.

Les terrains qui constituent la réserve naturelle sont délimités sur la carte figurant en annexe, qui fait partie intégrante de cet arrêté.

La superficie totale représente 9 ha 96 a 28 ca. Ces terrains sont inclus en totalité dans le périmètre NATURA 2000 « BE35012 Vallée de la Meuse de Dinant à Yvoir ».

Art. 3. Les critères ou caractéristiques sur la base desquels la reconnaissance est accordée et les principaux enjeux que la réserve ou la cavité vise à préserver et objectifs de conservation sont les suivants :

a) L'intégration du site dans un réseau écologique de pelouses calcaires de la vallée de la Meuse, assurant une continuité écologique entre les coteaux de Dinant et des communes voisines ;

b) La présence d'habitats d'intérêt communautaire tels que les pelouses calcaires xérophiles et mésophiles, hébergeant une flore remarquable incluant de nombreuses orchidées protégées et des plantes thermophiles rares ;

c) La richesse faunistique du site, notamment en entomofaune méridionale, avec des espèces rares telles que le cercope sanguinolent, et une grande diversité de papillons, orthoptères et fourmilières ;

d) Les objectifs de gestion orientés vers le maintien des milieux ouverts par pâturage et fauche, la lutte contre l'enfrichement, la conservation des espèces patrimoniales et la mise en oeuvre d'un suivi écologique pluriannuel.

Art. 4. Le Plan de Gestion de la réserve figurant en annexe, qui fait partie intégrante du présent arrêté, est adopté et peut être consulté au cantonnement du Département de la Nature et des Forêts sur lequel se trouve la réserve.

Art. 5. Par dérogation à l'article 11 de la loi du 12 juillet 1973 sur la conservation de la nature, il est permis au gestionnaire, ses délégués ou le conservateur, d'effectuer un survol avec un drone, strictement indispensable à la mise en oeuvre du plan de gestion, ou à des fins scientifiques et didactiques, conformément au cadre 5 du plan de gestion.

Cette dérogation est accordée pour toute la durée de reconnaissance de la réserve naturelle, telle que définie à l'article 7 de l'arrêté.

Par dérogation à l'article 11, alinéa 1er de la loi du 12 juillet 1973, la régulation du gibier peut être exercée au sein de la réserve naturelle par le gestionnaire, ses délégués ou le conservateur, dans le cadre strict de la mise en oeuvre du plan de gestion.

Cette dérogation est accordée pour toute la durée de reconnaissance de la réserve naturelle, telle que définie à l'article 7 de l'arrêté.

Art. 6.
Les délégations prévues à l'article 5, font l'objet d'un écrit daté et signé par le gestionnaire et leurs délégués. Elles sont personnelles et doivent pouvoir être présentées à tout moment aux fonctionnaires du Département de la Nature et des Forêts chargés de la surveillance.

Art. 7. La reconnaissance, prenant cours à la date de signature du présent arrêté, est accordée pour une durée illimitée pour l'ensemble des parcelles.

Art. 8. L'accès du public dans la réserve est limité aux chemins et endroits dûment signalés.

Art. 9. L'arrêté est publié intégralement au Moniteur belge, à l'exception du plan de gestion qui est publié par mention, et sur le portail Biodiversité du site internet de la Région wallonne. Il est affiché conformément à l'article D.29-22 du Livre Ier du Code de l'environnement.

Art. 10. L'arrêté ministériel du 3 juin 1994 portant reconnaissance de la Réserve naturelle domaniale du « Vallon d'Herbuchenne » est abrogé.

Art. 11. La Ministre qui a la conservation de la nature dans ses attributions est chargée de l'exécution du présent arrêté.

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Carte